Son Histoire

PRÉSENTATION DU VILLAGE :
SON HISTOIRE

Introduction :
Mégevette, qui s´appelait autrefois Mégevole, est un village de montagne dont les nombreux hameaux sont dispersés sur les pentes d´une cuvette largement évasée. Mégevette est un diminutif de Megève, qui vient du latin « média aquarum » et qui peut se traduire par milieux des eaux ?

Le blason de la commune :
En forme d´écusson, le blason de la commune fait référence à la croix de Savoie (en haut), au Faucigny (à gauche) et aux nombreux colporteurs de la commune symbolisés par le chiffre 4.

Entre chablais et faucigny :
Au Moyen Age, le territoire de la vallée de Mégevette appartient à plusieurs seigneurs féodaux (les Faucigny, les de La Tour, les Saint Jeoire, les Montfalcon, les Bompaire, les Sallaz, etc.). Ces seigneurs donnent leur territoire à l´abbaye Sainte Marie des Alpes, plus connue sous le nom d´abbaye d´Aulps (fondée en 1097). En 1374, Mégevette est incorporé au mandement d´Allinges-Thonon et passe sous la juridiction du Chablais dont dépend l´abbaye d´Aulps. Il faudra attendre 549 années pour que Mégevette soit rattaché au canton de Saint-Jeoire et se retrouve à nouveau en Faucigny.

L´église Saint Nicolas : 
La paroisse dépendait autrefois de l´abbaye d´Aulps. Une première église, datant du 10ème siècle, trop petite et vétuste, a été remplacée par l´actuelle, construite de 1872 à 1880. Avec sa triple nef, elle accueillait le millier de paroissiens de l´époque. Elle est placée sous les patronages de saint Nicolas et de saint Théodule. Erigée dans un style qui mêle le pseudo-roman et la renaissance italienne, elle est surmontée d´un clocher à bulbe. Sous l´église, une crypte (la chapelle funéraire de la famille Fernex) abrite une fresque du 17ème siècle dont il ne reste malheureusement presque plus rien. Entre 1975 et 1992, l´église a été entièrement restaurée.

Les Oratoires :
L´oratoire de la Culaz, dressé en 1757 par Baussant, est un des plus anciens de la vallée. Un sentier des oratoires permet de découvrir les édifices, les niches et les croix installés dans les hameaux de la rive droite du Risse de Chez Martin jusqu´au Raffour. Sur le versant opposé, en montant à pied à la Bray on passe devant les oratoires du Châtelet et des Jottys. Sur ce même côté de la vallée, le hameau du Verney abrite lui aussi un oratoire.

Les Croix :
Les croix en fer forgé sont nombreuses de part et d´autre de la longue portion de départementale qui descend du col de Jambaz jusqu´au chef-lieu (Dorjon, les Moulins, le Nanterret, Chez Fernay, les Crots, le Bourg, chez Molliat, le Marquisat, la Culaz Derrière, la Culaz Devant).

Les activités économiques :
A partir de 1892, deux foires sont organisées chaque année, l´une à l´enmontagnée, l´autre à la démontagnée.
Des noms de hameaux ou de lieux-dits rappellent l´artisanat d´antan : Chez Magnin ;
Les Moulins, où le ruisseau de la Glappaz actionnait moulins et scieries ;
Moulin Blanc, où un moulin existait au moins depuis 1624. Il a appartenu à la famille Mugnier, puis au milieu du 18ème siècle à la famille Blanc et ensuite à la famille Borel. Un bief, que l´on distingue sur le cadastre de 1733, détournait une partie de l´eau du Risse qui tombait sur une roue à aubes.
Un procès verbal d´aménagement de la forêt de Mégevette, dressé en 1888, nous apprend qu´il y avait à cette époque quatre scieries qui ne fonctionnaient que deux à cinq mois dans l´année ; l´une sur le Risse, une autre sur le Fillian et les deux autres sur la Glappaz. Sous le hameau de la Culaz, près du Risse, se trouve une scierie, actionnée par une roue à aubes, qui était encore en activité en 1992.
Enfin, la population comprenait également des charpentiers, des forgerons et des tailleurs de pierre, ainsi que de nombreux rémouleurs.

Des Maisons Typiques :
L´habitat de la commune est dispersé au gré d´une vingtaine de hameaux. Les maisons les plus anciennes se reconnaissent facilement avec leur toit à quatre pans, leurs linteaux sculptés et leurs encadrements de fenêtre en pierre de taille qui rappellent les artisans des siècles passés. Ce sont des demeures massives, avec la grange au-dessus de l´habitat pour garder le foin nécessaire à l´alimentation des vaches durant l´hiver. De nombreuses parois exposées à la pluie sont encore protégées de tavaillons.

L’Agriculture Hier et Aujourd’hui:
La vallée de Mégevette est une plaine large et ensoleillée, dont le sol fertile est facile à exploiter. L´élevage des vaches pour leur lait perdure depuis des siècles. Comme dans le reste de la Haute-Savoie, les premières fruitières apparaissent à la fin du 19ème siècle. Celle du chef-lieu, abandonnée depuis les années 1990, récoltait le lait des producteurs de Mégevette et fabriquait quotidiennement reblochon, tomme et abondance. Afin d´acheminer le lait des alpages hauts perchés, Mégevette a été la première commune de Haute-Savoie à se doter d´un pipe-lait.
En 1988, la commune comptait 14 exploitations agricoles permanentes. Il n´en restait plus que 5 en 2007, ce qui représente tout de même un troupeau de près de 400 bêtes. Mégevette se trouve dans la zone AOC (Appellation d´Origine Contrôlée) de protection du reblochon ce qui devrait assurer la pérennité de ses agriculteurs.
Aujourd´hui encore, les alpages sont occupés à la belle saison par les vaches. A l´ouest, se situent les quelques pâturages du versant sud de la montagne d´Hirmentaz, et surtout les alpages de la Combe et des Flangles où le sol est plus plat. Sur l´autre versant, se trouvent les pâturages des Fornets, des Jottys et la vaste étendue du plateau de La Bray.

Monseigneur REY :
Pierre-Joseph Rey naît à Mégevette, le 22 avril 1770, de parents métayers de la famille Fernex et originaires de Bellevaux. Diacre à Thonon, il reçoit ensuite l´ordination sacerdotale à Fribourg en 1793. Durant la révolution, il s´exile en Piémont, puis revient dans la région où il célèbre la messe dans des endroits de culte secret(notamment à Nifflon). En 1824, il est nommé évêque de Pignerol en Piémont, et en 1832, il devient évêque d´Annecy. Il meurt le 31 janvier 1842.

La legende de PETRONILLE :
Pétronille naît à Mégevette en 1453. Comme beaucoup de jeunes femmes, elle se marie à 18 ans avec un jeune homme du village. Se croyant possédée, elle abandonne son époux et ses parents et se cache dans la montagne. Un jour qu´elle dort dans une grotte, le démon, qui a pris l´apparence d´un féroce chien noir la réveille en la mordant à l´épaule. Il lui vole ses chaussures et par un sortilège, l´enferme au cœur de la montagne. Blessée, tremblante de froid, Pétronille décide de réciter des oraisons et de jeûner durant 40 jours si bien qu´elle refuse de répondre aux appels de ceux qui sont à sa recherche. A la fin de cette période de privations, un passant est alerté par ses gémissements. Pétronille est enfin délivrée. Soignée et exorcisée, elle reprend une vie normale auprès de son mari. La légende raconte que deux croix ont été érigé en souvenir de cette aventure pour le moins extraordinaire…

En savoir plus :

Pour en savoir plus sur Mégevette, consultez
Les Cahiers du Colporteur : Vallée du Risse
(Editions de l´Astronome)